mercredi 26 avril 2017

(In)tensions de vote

Ça y est, je suis énervé...

 Ce n'est pas si souvent, mais là j'en ai marre.
J'avais toujours refusé de trop parler de politique ici, n'étant moi-même pas très intéressé par le sujet, d'une part, et souhaitant qu'ici reste un blog de pensée, d'autre part.
Je suis par ailleurs fortement convaincu que les convictions politiques de chacun valent d'être respectées et je préfère ne pas les influencer.

Mais s'il y a bien une chose contre laquelle je souhaite modestement m'élever dans mes articles, c'est la médiocrité de penser.
Et force est de constater que sur le sujet on est particulièrement servis.

Passent les résultats du 1er tour, pour décevants qu'ils soient.
Passent les querelles puériles et autres coups bas des deux candidats encore en lice (plus difficilement, mais passent, quand même. C'est dire si je suis de bonne composition)
Passent les soupçons pesant sur le scrutin en lui-même (en vérité, pas du tout, mais je laisse le bénéfice du doute, faute de mieux)

Mais le niveau global de connerie ambiante est tel que si on pouvait la transformer en énergie, on pourrait sortir du nucléaire avant le 2e tour.

A ce niveau, il n'est même plus question de convictions, mais de simple bon sens.
Pour ma part, je penche plutôt du côté du libéralisme raisonné, ne suis pas particulièrement pour le protectionnisme et suis vraiment contre l'Etat Providence. Et pourtant, inutile de le cacher, j'ai voté Mélenchon.

Pourquoi ?

Je me suis déjà exprimé sur la résignation qu'inspire le politique depuis de longues années, condamnant les électeurs les plus intellectuellement honnêtes au mutisme et à l'exil.
Cependant, il s'est passé des choses sans précédent lors de cette campagne. Un éveil citoyen, l'espoir de jours meilleurs après 15 ans à serrer les dents.

De nouvelles alternatives ont fait leur apparition, mettant à mal les grands partis.
Nous avions donc le choix entre  :
- Marine "je-suis-là-depuis-plus-longtemps-que-les-autres-mais-je-suis-une-alternative" Lepen
- Emmanuel "Regardez-je-suis-tellement-cool-j'ai-un-nouveau-slogan" Macron
- Jean-Luc "j'ai-toujours-l'air-aussi-vénère-mais-cette-fois-j'ai-un-vrai-projet-promis" Mélenchon

Autant je ne peux nier l'impact et le mouvement imprimé à la campagne par Macron en qui j'ai failli croire l'espoir de quelques semaines, autant clairement l'alternative solide se place du côté de Mélenchon.

Je peux comprendre que tout le monde ne croie pas en son programme et préfère de consensualisme poupon de Macron, j'ai moi-même hésité quelques temps, mais il y'a une chose essentielle que les gens ont omis de voir en la France Insoumise

Pour la 1ere fois, un programme élaboré en commun par un échantillon un minimum représentatif de la population.
Pour la 1ere fois, une campagne novatrice utilisant astucieusement les nouvelles technologie et faisant leur apologie ainsi que celle de la culture.
Pour la 1ere fois, un réel espoir, ouvrant sur une volonté de repenser cette société où toute une frange de la population, aujourd'hui votante, ne se retrouve pas.
Pour la 1ere fois, un mouvement qui fait comprendre aux gens qu'ils ont leur mot à dire et leur rôle à jouer.

Tels ont été les mots :
"Il y a des groupes, je ne sais pas qui c'est (...), ils militent tout seul, sans la moindre consigne. L'action, le mouvement... c'est l'idée qui crée le réseau. (...) Le mouvement part d'en bas et est capable de se centraliser. C'est la nouveauté et j'espère qu'une fois élu tout ça va continuer car je ne peux rien changer sans eux."

Pour la 1ere fois un mouvement qui refuse le culte de la personnalité et engage les gens à penser par eux-mêmes.

Tels ont été les mots :
"Arrêtez ça ! Je ne veux pas, je ne veux pas que mon nom soit un slogan ! Vous n'êtes pas des dévots ! Vous êtes ceux qui portez un programme. ll s'appelle l'avenir en commun ! Guérissez-vous les gens de cette manie d'attendre d'un homme une perfection qu'il ne peut pas avoir ! Ne comptez que sur vos propres forces ! Je ferai ma part de travail, faites la vôtre !"

 A partir de là, je n'ai pas l'intention de glorifier le contenu du programme, ne sachant pas moi-même quel impact pourraient avoir les différentes mesures. Là n'est de toute manière pas mon propos.

La partie importante, vous l'aurez compris j'espère, c'est d'avoir fait (re)prendre conscience aux citoyens qu'il sont acteurs de la vie politique et non victimes.

Soit dit en passant, c'est cet homme qu'on traite de dictateur.
De mes vagues souvenirs de cours d'histoire de lycée, les piliers de la dictature sont :
- Culte de la personnalité
- Renforcement du sentiment national
- Contrôle de la culture et des loisirs
- Effacement de l'individualité au profit du groupe

Trouvez vous-mêmes où sont les dictateurs, je suis fatigué d'expliquer.

Vient donc le moment du vote, et donc des grands stratèges qui procèdent fièrement au "vote utile".
Pour ma part, j'étais persuadé que le principe du vote c'était de donner sa voix à celui qui nous avait le plus convaincu, et que par conséquent celui qui avait convaincu le plus de monde était celui qui serait élu. D'où le principe de démocratie représentative, indiquant que l'élu représente ses votants, qui sont donc majoritaires.
Et bien pas du tout ! Il faut voter utile, c'est à dire ne pas choisir un candidat parce-qu'il nous plait mais parce-qu'il a des chances de gagner et donc de faire perdre celui qui ne nous plait pas.
Donc...voter utile ça consiste à faire gagner celui qui a le plus de chance de gagner.
Là encore je vous laisse cogiter là-dessus par vous-mêmes...

Et enfin, la goutte d'eau qui fait déborder le vase et m'a conduit à cet article, les "consignes de vote".
Quelle formidable invention !

La consigne de vote, c'est quand votre candidat favori estime que vous êtes trop con pour faire le "bon" choix entre 2 candidats, dont il ne fait pas partie.
Or donc dans sa grande mansuétude, il vous indique quoi voter puisque vous êtes décidément vraiment trop con pour prendre vos propres décisions.

Ça peut sembler absurde comme ça, mais il s'avère que vraisemblablement c'est indispensable à la bonne marche du monde, car gare à celui qui n'en donne pas ! Quelle diablerie est-ce là que de laisser les gens faire leur propre choix ?

Est-ce là notre république ? Une où on calcule, où on fustige ceux qui invitent à penser par soi-même ?

Vous n'êtes pas obligés de répondre tout de suite, mais je vous conseille tout de même d'avoir un début de réponse avant les législatives.


dimanche 25 décembre 2016

Ah si j'étais riche...

Parfois...l'insomnie frappe.
C'est arrivé à tout le monde, c'est inévitable. Et à ces occasions on a toujours le cortège de questions plus ou moins métaphysiques, dont l'une, je pense universelle :

Qu'est-ce que je ferai si je gagnais au loto ?

(à moins, bien-sûr, que vous ne soyez déjà immensément riche, auquel cas, lisez quand même).

Pas de grande surprise, nous sommes tous les mêmes, on pense immédiatement à la belle maison, la grosse berline ou la voiture de sport dont on a toujours rêvé, et arrêter de travailler pour se la couler douce au soleil.

Mais est-ce vraiment tout ?
Récemment, une personne à gagné lors d'un tirage de l'euromillions plus de 61 millions d'euros.

J'ai fait un rapide calcul, en mettant de côté rien que la moitié de cette somme j'ai déjà assez d'argent pour passer toute ma vie avec un pécule mensuel tel que je n'ai même aucune idée de comment il est possible de le dépenser.

Reste donc une trentaine de millions à dépenser à loisir, et là soyons clairs, même avec la(les) voiture(s) et la(les) maisons(s) et autres commodités pour moi et mes proches, je dépenserai quoi ? Allez, 5 millions ? 10 ?
Il me reste encore une bonne vingtaine de millions sur les bras !

Alors je pense à cette association dans laquelle j’œuvre qui pourrait faire tellement de choses avec plus de budget, je pense à la petite entreprise où je travaille, qui faute de moyens ne peut pas réaliser son potentiel, tellement de choses à faire avec de l'argent, mais quelle somme encore, 5 autres millions ?

Finalement, je me dis que j'aimerais utiliser cet argent pour financer des projets que je trouve intéressants, qui apporteront quelque chose dans le divertissement, le monde du travail, ou le progrès social. Donner leur chance à ceux qui ont une idée digne d'intérêt à réaliser. Donner une chance, ça sonne bien...
Finalement je me dis que j'aimerais utiliser cet argent pour rendre le monde meilleur.

Il y'a tellement de moyens de faire ça quand on y réfléchit. Je connais tellement de personnes de cœur et de talent qui galèrent à trouver du travail, alors qu'avec des moyens ils pourraient monter des projets qui adouciraient le monde, même très localement, même un tout petit peu.

Les gens qui dorment dans la rue, de quoi ont-ils besoin ? D'une chance. Avec les millions qu'il me reste, je peux acheter une dizaine d'appartements, les mettre à disposition de personnes auxquelles j'ai donné 1000€ pour un loyer symbolique de 50€, et avec une adresse et un minimum d'argent, ils auront enfin la possibilité de trouver un emploi dans l'une des entreprises que j'ai financé auparavant.

De combien de personnes je peux changer la vie avec mes 20 millions ? Et sans me priver.
Et même si je n'ai touché que 100 personnes, on me dira que je n'ai pas changé le Monde et je répondrai que j'ai changé LEUR monde.

Et encore je suis tout seul dans l'histoire, imaginez une dizaine de personnes comme moi. On pourrait constituer un fond d'investissement qui servirait d'une part à permettre de créer de l'emploi et d'autre part à offrir une situation aux personnes pouvant occuper ces emplois.

C'est le rôle de l'Etat vous dites ? Il ne peut pas. Il gère déjà les retraites, le régime social, la géopolitique extérieure, la sécurité intérieure et la bonne marche administrative du pays, chacune de ces actions étant déjà extrêmement coûteuse. N'attendez pas que l'Etat fasse tout à notre place !
Et comme les banques ne jouent pas le jeu, les seuls à avoir les clés de la réussite sont les détenteurs de capitaux indépendants qui sont libres de leur mouvements et n'ont pas peur de mettre sur la table de l'argent (qu'ils ne dépenseront de toute façon jamais), sans retour sur investissement. (Reste à espérer que ceux-là existent encore...)

Bien-sûr je comprend, c'est "facile" quand on gagne au loto car on n'a pas vraiment fourni d'effort pour acquérir l'argent, il est aussi normal qu'on soit moins généreux dans l'emploi d'un argent qu'on a durement gagné à force de travail, mais si on réfléchissait à ce que l'on pourrait déjà faire avec des sommes pas si importantes que ça...

Bref, si j'étais riche je crois que j'essaierai de changer le monde. Je l'espère en tout cas...

mercredi 6 juillet 2016

Manu 49.3

Je ne suis pas un activiste dans l'âme, surtout quand il s'agit de politique.
Mais des fois il y a ce moment où on a l'inspiration, le coup de génie, la possibilité  de produire quelque chose de cool.
Dans ces cas-là, soit on se dit "ah oui ça serait cool", soit on profite de la vision qui nous est accordée.

Donc quand j'ai eu cette idée avec la certitude que ça rendrait bien, je n'ai pas hésité. Et grand bien m'en a pris parce-que je trouve qu'effectivement ça rend bien !

Voici donc un petit détournement de "Manu" de notre cher Renaud, en référence à notre Manu national, vous le reconnaitrez.
Franchement...déconne pas Manu !


Eh ! Manu rentre chez toi
Y’a des larmes c’est la guerre
Les écoles vont fermer
Pi tu gonfles l’ouvrière
T’as l’air d’un dur un cuire
Mais ça nous f’sait marrer
Moi j’pensais que faire pire
Ca pouvait pas t'arriver
J’oubliais qu’les rouages
Des élections bientôt
Te font faire du tapage
Pour électeur facho

Eh ! déconne pas Manu
Va pas piquer nos graines
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent

On voulait tous taffer
Mais on s’sentait tout seuls
Tu disais vous m’faites chier
J’veux juste sauver ma gueule
T’as imposé cette loi
Qu'était faite pour personne
T’as dit 49.3 !
Et du coup y’a maldonne
T'as été un peu vite
T’as un peu joué au con
T’as am’né sur les flics
La haine de la nation

Eh ! déconne pas Manu
C't'à nous qu'tu fais d'la peine
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent

C’est vrai, on est des loups
On est fait pour vivre en bande
Mais la nuit pas debout
Ou alors pas longtemps
Nous autres ça fait un bail
Qu’on essaie les manifs
Toi t’envoies la flicaille
Tu t’enterres et tu flippes
Eh ! Manu vivre libre
C'est au dessus du seuil
Et ça fait mal au bide
Ceux qui pensent qu’à leur gueule

Eh ! déconne pas Manu
Ça sert à rien la haine
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent

La France elle est miteuse
Manu faut qu'tu t'arraches
Elle peut pas être heureuse
Avec des lois qui clashent
Si tu lui dit qu’tu l’aime
Mais que t’y met le feu
Ben t’y semes de la haine
Et Marine s’y sent mieux
Dis-lui qu't'es désolé
Qu't'y a mis le foutoir
Mais quand t’as décidé
T'as du t'tromper d'histoire

Eh ! déconne pas Manu
Va pas piquer nos graines
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent

Eh ! déconne pas Manu
Ça sert à rien la haine
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent

Eh ! déconne pas Manu
C't'à nous qu'tu fais d'la peine
Une mauvaise loi d ‘perdue
C’est dix votants qui r’viennent
Eh déconne pas Manu déconne pas

mardi 8 décembre 2015

A vos thés !

L'autre jour j'ai voté.

Ce n'était pas arrivé depuis longtemps, plusieurs années, pendant lesquelles j'ai un peu regretté de ne pas avoir participé du tout.

Alors j'ai pris mon courage à deux mains, je me suis inscrit et je suis allé voter.
Un petit pas pour l'homme, mais un grand bond pour la démocratie ? Ou pas...

Passons rapidement sur le fait que rien n'est fait pour inciter les gens à aller voter. La déclaration d'impôt, elle, arrive sans embuches dans la boite aux lettres ou la boite mail, mais un petit message disant "Vous n'êtes pas inscrits sur les listes électorales, pensez à le faire avant telle date", oulah non, trop compliqué...
Et puis pour commencer, quelle idée derrière le fait de devoir s'inscrire sur une liste pour pouvoir aller voter ?
Comme si ma carte d'identité ne constituait pas un accès suffisant.

Mais bon admettons, toujours est-il qu'aucune notification d'aucune sorte, il faut aller chercher toutes les informations soi-même, à commencer par à quoi servent les gens qu'on est sensé élire. Passons aussi sur le fait que le seul programme qu'il m'ait été donné de recevoir est celui du FN, et après on se demande pourquoi ils récoltent autant de votes...

Passons aussi sur le fait que je me sois pointé au mauvais bureau de vote parce-qu'il n'a pas non plus été jugé utile de me notifier du bureau de vote auquel je suis rattaché. Je suis enfin au bon endroit :

Je récupère ma carte d'électeur (que personne n'a jugé utile de m'envoyer non plus), j'attrape sans conviction les différentes listes et me rend dans l'isoloir. Ma résolution déjà quasi-définitive se concrétise alors à la vue de la quantité de noms qui défilent sous mes yeux et qui ne m'évoquent rien d'autre que de l'indifférence, et c'est avec une enveloppe vide que j'avance vers l'urne.

A voté...

Voilà, c'est fait, j'ai voté à nouveau, j'ai fait une grande avancée me dit une amie.
Pour ma part, je suis investi du même sentiment de vacuité que lors de mon premier, et pendant longtemps, dernier vote.
Second tour : je retournerai aux urnes. Pour devoir choisir entre voter pour quelqu'un que je n'aime pas pour éviter quelqu'un que j'aime encore moins, sachant que ni l'un ni l'autre ne feront avancer les choses, ou persister dans la voie du vote blanc, sachant qu'il ne gagnera jamais les élections.

Suis-je fier d'être retourné voter ? Oui
Ai-je le sentiment d'avoir fait mon devoir de citoyen ? Non.

Je ne tiens pas à faire l'apologie de l'abstention, mais je ne tiens pas plus à faire l'apologie du vote. On rabâche sans cesse que nos ancêtres se sont battus pour ça, qu'on a de la chance d'être en démocratie et d'avoir le droit de voter...
Mais vote ne veux pas dire démocratie. Je ne pense pas que nos ancêtres se soient battus pour que nous votions, résignés, pour un moindre mal.
Cette démocratie-là est morte il y'a bien longtemps, extrême droite ou pas.

Ouvrons les yeux

Le FN n'est pas la cause du mal, c'en est une conséquence. Et comme disait Coluche en plaisantant (à moitié) : "Si voter changeait quoi que ce soit, ça ferait longtemps que ça serait interdit".

Alors oui je vais continuer à aller voter, mais il en faudra bien plus pour me convaincre que c'est utile à la France et au Monde.

lundi 16 novembre 2015

La Terreur

Aujourd'hui, pas de jeu de mot dans le titre, pas de référence cachée, pas de nouveau concept.

Mais tout le monde sait de quoi, je parle. Si vous lisez cet article dans longtemps, nous sommes le 16 novembre 2015.
J'avais failli m'exprimer en Janvier déjà, mais je ne l'avais pas fait pour plusieurs raisons, qui seront d'ailleurs le cœur de mon propos.

On le sait aujourd'hui, le but des terroristes c'est d'inspirer la peur, c'est pour cela qu'il ne faut pas y céder.

J'ai peur évidemment, je n'ai pas envie de me faire trouer la peau, comme ça, pour rien. Mais ce n'est pas ce que je crains le plus.
Bien-sûr, je n'arrive pas à comprendre comment de telles choses peuvent arriver, comment la cause peut entrainer la conséquence, comment il existe des humains capables de faire ça pour ces raisons, et comme tout ce qu'on ne comprends pas, ça fait peur.

Mais pour horribles que soient les événements, ils servent surtout à amorcer, ou plutôt alimenter un processus effrayant.
J'ai peur du monde de demain, de comment les choses vont évoluer, mais même si une guerre ouverte éclatait, le Monde s'en relèverait, et si je dois mourir dans le processus, qu'il en soit ainsi.

Mais je crains vraiment l'inévitable shitstorm qui va déferler à la télé, à la radio, dans la presse et surtout sur les réseaux sociaux.
Je crains qu'il soit véritablement inévitable.
Amalgames, insultes raciales, messages de haines divers vont fuser, mais je crains tout autant les oppositions à ces messages.

Je crains la récupération politique, médiatique, communautaire...
Je crains le détournement de bons sentiments.

Je crains que des événements ne cristallisent un mal plus pernicieux encore, ne révèlent que plus notre incapacité à gérer le monde que nous avons nous-même construit.
Le guerre contre le terrorisme est une guerre d'ignorance, de préjugés et d'incompréhension. Une guerre issue d'une vision pervertie du profit et des idéaux. C'est une guerre qui se joue à la fois arme et souris à la main, dans le claquement des fusils mitrailleurs comme dans celui des touches du clavier.
C'est une guerre psychologique que nous choisissons actuellement de perdre en voulant trop la gagner.

Enfin, je crains d'ajouter moi-même une pierre à l'édifice que je dénonce.

mercredi 28 octobre 2015

Lucie fais rien

C'est marrant les amalgames quand même...

Par exemple on dit souvent que le métal c'est satanique, mais les vrais sataniques ça existe vraiment ? Enfin bien-sûr que ça existe, mais il doit y en avoir assez peu au final, non ?

Quoi qu'il en soit j'écoute du métal, mais je ne suis pas satanique, je ne suis même pas croyant !
Mais si je l'étais, peut-être bien que je serai Luciférien.

Je peux comprendre que le principe monothéiste ait besoin d'une unité de représentation de l'antagoniste, mais je trouve ça triste que la tradition chrétienne ait assimilé complètement Lucifer à Satan.
Pour moi ils représentent bien deux principes différents.

Je replante le décor pour ceux qui ne sont pas familiers avec le contexte : On est au début du monde, tout va bien, tout est beau, tout est bien, et...on se fait un peu chier.
Dieu il est tout tranquille avec son armée d'anges et il gère sa petite affaire peinard.
Seulement parmi les anges, certains ne sont pas d'accord avec ça et une rébellion finit par éclater.
Là selon les textes, elle est menée par Satan alias Lucifer, Azazel, ou encore Crono et Aion (référence cachée). Le rébellion foire, les anges rebelles sont expulsés du Paradis, s'écrasent la tronche par terre et leur chef fonde l'Enfer et devient le Diable.

Dans ma version à moi, les rebelles sont menés par Lucifer ET Satan. Satan est bien le chef de la rébellion, mais Lucifer en est le symbole, l'inspiration, le meneur.

Mais vous devez vous demander ce qu'il y'a de si cool à ça.

Disons que Dieu représente l'ordre, la morale, la discipline...en un mot, l'establishment comme disent les américains. Il est nécessaire, mais pour qu'il fonctionne, un maximum d'uniformité est aussi requise.
Ceci admis, les rebelles représentent donc naturellement, en plus du chaos et d'un tas de trucs mauvais, le libre arbitre, l'individualité, en un mot : la liberté.

Lucifer signifie "porteur de lumière". C'est même l'un des noms attribués à Jésus lors son arrivée !
L'étymologie se Satan est plus complexe, mais on le rapproche souvent du concept de dévier, d'opposer, voire de diffamer.

Comme souvent, étymologie en apprend beaucoup sur les idées. On voit bien ici que Satan représente plutôt le principe d'opposition fondé sur la prise de pouvoir, là où Lucifer inspire simplement à ne pas suivre aveuglément l’establishment sans en questionner les principes.

Toujours dans ma version, une fois les anges rebelles vaincus, c'est Satan qui devient le Diable, tandis que Lucifer retourne vaquer à d'autres occupations.
Une fois n'est pas coutume (ironie) je vais me fendre d'une petite analogie foireuse.

Si on compare la rébellion des anges à la révolution cubaine, Lucifer serait Che Guevara. Il est un inspirateur, un symbole, et bien qu'il soit concrètement un terroriste, il dispose d'une aura incroyable et a ultimement permis de faire avancer les choses, car il a agi par conviction. De fait, Satan serait plutôt Fidel Castro.
Une fois la révolution achevée (avec succès dans leur cas), Castro a mis en place un nouveau gouvernement. Guevara a pris temporairement place dans ce gouvernement avant de le quitter pour rejoindre une nouvelle rébellion ailleurs.

Le fait est que le Che est passé à la postérité globalement plutôt comme un héros, et Castro globalement plutôt comme un dictateur.

Quittons l'analogie boiteuse et revenons à la valeur symbolique et "scénaristique" de nos chers anges rebelles, car nous arrivons à un point important.
Satan a mis en place un contre-establishment, qui est lui-même un establishment, c'est bien là le point qui me dérange.
Lucifer représente un principe et non une institution. Il a pris position contre l'establishment de Dieu pour en critiquer certains principes, mais pas forcément pour établir quelque chose allant à son encontre.

Il ne devrait pas y avoir deux establishment, ni besoin de choisir entre les deux. Un contre-establishment devrait avoir vocation à remettre en question l'establishment pour le faire évoluer et l'améliorer, non pour simplement s'y opposer. Il est parfois nécessaire de le renverser et le remplacer intégralement, mais pas de lui proposer une alternative.

Pour moi il n'y rien de pire que l'anti-conformisme qui est un conformisme. Ce sont des choses auxquelles on assiste bien trop souvent aujourd'hui, dans le domaine social bien-sûr, mais aussi technologique (*tousse tousse* Apple *tousse*) et autres.
Personnellement je n'ai pas peur d'appeler ça de l'anti-progressisme.

Bref, tout ça pour dire que le métal n'est pas satanique du tout, il est luciférien.

lundi 28 septembre 2015

Trop bon, troquons !

On me reproche souvent d'être trop gentil.

Mais sérieusement, en vrai, c'est possible d'être trop gentil ?
Je veux dire...on peut avoir trop d'une qualité ?

Moi quand on me dit que je suis trop gentil c'est comme si on me disait...
"Nan... prends pas cette voiture, elle est trop fiable"
ou...
"Les côtelettes, j'en mange plus c'est trop savoureux"
("sans déconner, vous savez pas ce que ça veux dire savoureux ?" (comprenne qui comprendra))

 Bref ça n'a aucun sens.

Alors, pour changer, je me suis mis à réfléchir sur le sujet : 

Et la conclusion est...comme trop souvent...triste.
Il semblerait qu'on vive dans un monde où les valeurs morales les plus élémentaires sont perçues comme des entraves.
Que l'on soit clair, stricto sensus, c'en sont, Mais par entrave, j'entends entraves à notre développement et notre épanouissement.

Je sens bien que vous ne la voyez pas la contradiction là...je reformule plus simplement, donc.

Avoir de la morale nous rend malheureux.

N'étant plus à une dénégation près, voilà une nouvelle chose que je ne puis accepter.
Et n'étant plus à une théorie bancale près, voici mon avis sur comment on a pu en arriver là : 

On parle souvent de montée de l'individualisme, ça doit bien venir de quelque part tout de même !
On met souvent en cause une dérive du capitalisme. Il est vrai que la constante adéquation risque/profit nécessaire dans le domaine professionnel doit forcément, poussée à son paroxysme comme elle l'est désormais, affecter le domaine personnel.
Mais j'ai plus simple, mais surtout plus bête à proposer.

J'ai l'impression...que les valeurs morales sont soit utilisées à des mauvaises fins *tousse tousse* religion *tousse tousse*, soit tout simplement défendues par des imbéciles.
Tous ça réunis fait que on a l'impression que ce sont des valeurs dépassées et inutiles qui ne sont que de simples poids à notre évolution en tant qu'individu, voire même en temps qu'espèce.

Alors qu'en vérité c'est tout le contraire ! Rappelons-nous pourquoi ces valeurs existent au départ. De la même manière que les lois, ce sont des choses faites pour protéger les gens et faire en sorte qu'ils vivent tous en bonne intelligence.

Les lois, c'est facile, si on ne les suis pas on encoure des sanctions, mais si je fais quelque chose de moralement répréhensible, mais de légal, qui va m'en empêcher hein ? (è_é ) HEIN ? \(èoé )/

Eh bien rien si ce n'est semer le haine et donc la récolter.

Car s'il y'a bien une chose dont je suis sûr, c'est que l'amour appelle l'amour, mais surtout que la haine appelle la haine.

Je ne pense pas être trop gentil, je pense à peine être gentil... j'agis juste en permanence de la manière dont je pense qu'un Humain digne devrait agir, ni plus ni moins.

Croyez-le ou pas, mais les gens y sont réceptifs. Bien-sûr des fois il font des choses qui m'énervent, me révoltent, m'attristent ou me blessent, mais jamais je n'ai été trahis.
Peut-être pensez-vous que j'ai simplement eu de la chance, mais vu le nombre de personnes que je connais et dont je revendique me sentir proche, j'estime que presque 30 ans de chance d'affilée, statistiquement, ça ne tient pas debout.

A bon entendeur...